Le curaçao


  • Le curaçao
    Le curaçao
    Un régal pour les sens

Finalement, tout commence en Espagne, ou plutôt à bord de ses navires partis explorer et coloniser l’Amérique du Sud. Au large des côtes vénézuéliennes, au XVIe siècle, les Espagnols mettent la main sur l’un des principaux repaires de pirates dans la mer des Caraïbes, l’île de Curaçao. Ils y plantent des orangers tout droit venus d’Andalousie, de Séville plus précisément. Entre un climat aride et un sol peu accueillant, les oranges espagnoles au goût sucré périclitent et donnent naissance à une nouvelle variété, verte, amère et immangeable… la lahara. Si la chair de ce fruit ne séduit pas, à raison, la Compagnie néerlandaise des Indes Occidentales – qui fait, un siècle plus tard, main basse sur l’île – découvre pour autant que son écorce, une fois séchée, est agréablement aromatique ; macérée dans de l’alcool neutre ou dans de l’alcool de canne à sucre, elle crée le curaçao. Titré entre 20 et 40 degrés, ce spiritueux fait partie de la célèbre famille des liqueurs d’orange. Ce serait d’ailleurs l’aînée des triples secs, que l’on nommait déjà jadis curaçao. Selon certains experts, cela relèverait plutôt d’une stratégie marketing que d’un hommage à des racines incertaines. La différence que le curaçao cultive avec les triples secs est notamment l’absence dans son élaboration d’une triple distillation. Nez velouté, bouche ronde et onctueuse, notes d’orange confite et bouquet floral très agréable, voilà ce que l’on pourrait dire de son goût. Mais s’il est bon, il est aussi très beau, affublé tout de bleu. Une couleur obtenue grâce à des colorants alimentaires. Il existe toutefois une méthode traditionnelle et naturelle d’obtenir cette couleur bleue enviée: la clitoria ternatea. Une plante originaire des zones tropicales d’Asie, baptisée en l’honneur du clitoris, dont les fleurs prennent la forme. Autrement appelées Butterfly Pea flowers en anglais, elles permettent de colorer, de manière naturelle, des liquides en bleu intense. Bleu donc, mais pas que… le curaçao a plus d’une option dans sa garde-robe et se pare de vert, orange ou rouge, selon ses envies. Recette old school, le dry curaçao est, pour sa part, orange. Moins sucré et donc plus sec que sa version initiale, ce dernier a généralement un parfum plus prononcé d’orange et est souvent à base de brandy, se rapprochant ainsi du spiritueux français, le Grand Marnier. En cuisine, le curaçao met ses saveurs au service du goût, aromatisant soufflés et fruits frais en salade ou flambés, et entre notamment dans la composition des crêpes Suzette. Il reste que vous pouvez concocter votre propre curaçao maison et lui donner bien des teintes inimaginables. Si vous vous sentez d’attaque à réaliser votre premier litre de curaçao, on vous donne une recette. II faut dessécher à four doux 60 g d’écorces d’oranges et 10 g d’écorces amères pendant 30 minutes, puis les faire macérer dans 75 cl d’alcool de fruit pendant à peu près un mois. L’attente terminée, filtrez votre macération d’écorces d’oranges en pressant bien et incorporez un sirop préalablement réalisé avec 30 cl d’eau et 600 g de sucre. Voilà, l’affaire est jouée, enfin presque. Diluez dans un peu d’alcool quelques gouttes du colorant choisi et ajoutez-le à votre préparation. Mettez en bouteille ou dégustez. A vos tabliers!

Brandy Cobbler

Brandy Cobbler

(pour 1 personne)


Quand le curaçao délaisse sa robe bleu azur pour se parer de rouge, on adopte. Associé aux fruits de saison, à la liqueur d’abricot et au cognac, le curaçao sort le grand jeu: c’est frais, fruité et donc parfait pour l’arrivée du printemps.


4 cl de cognac

2 cl de curaçao rouge

1 cl de liqueur d’abricot

Glace concassée

Fruits de saison

1 quartier d’orange

1 quartier de citron 


Dans un grand verre rempli de glace concassée, versez le cognac, le curaçao et la liqueur d’abricot. Parsemez le cocktail de fruits de saison, ainsi que de la tranche d’orange et de citron. Servez-le avec une paille et une cuillère. A la santé du printemps!

Site by: Flip branding studio